Biographie & démarche
Biographie
Amandine Turri Hoelken est artiste-chercheuse à l’intersection de l’art et de l’anthropologie. Formée à l’École Nationale Supérieure d’Art et de Design de Nancy (DNSEP) puis docteure en anthropologie à l’Université de Strasbourg (LinCS), elle développe une pratique documentaire dialogique, engagée et située. Ses projets, tels que ZONE 54 ou Ahllanwasahllan / بياڤنو, interrogent les représentations des marges et les dynamiques de co-construction des récits. Elle investit régulièrement les résidences artistiques comme lieux d’expérimentation et de recherche, en lien étroit avec les terrains qu’elle explore. Elle enseigne l’anthropologie visuelle à l’université et contribue activement à la diffusion des approches transdisciplinaires mêlant art et sciences sociales, notamment à travers la co-création du festival Locomotion, la direction de publications scientifiques et l’organisation d’événements autour de la recherche-création. En 2025, elle obtient le prix de thèse Tillion-Rivière, de l’Association française d’ethnologie et d’anthropologie (AFEA), récompensant une recherche impliquée et co-fonde le collectif POP [Photographie d’Origine Partagée].
Démarche
Mon parcours de photographe et d’anthropologue m’amène à envisager le documentaire comme un moyen de transmettre des connaissances, mais aussi comme un outil de réflexion sociale et politique.
En abordant des thématiques telles que l’immigration, les quartiers populaires, ou encore les personnes vivant en squats, je souhaite montrer, en photographiant leurs quotidiens, que les histoires individuelles et parfois collectives des personnes que je rencontre débordent toujours très largement des cadres sociaux auxquelsvon peut les assigner. Il m’importe de raconter leurs histoires de l’intérieur, en expérimentant des pratiques collaboratives.
À travers ma manière d’aborder le documentaire, je cherche à construire un savoir collectif et à trouver des formes adaptées pour transmettre et rendre actives les personnes photographiées tout comme les publics. Il s’agit de tenter de transcender l’usage référentiel de la photographie pour aller vers un usage social capable de créer un dialogue et une collaboration.
Mon travail interroge fortement la place de l’Autre et s’articule sur trois axes qui forment ce que j’appelle la photographie dialogique : la collaboration avec les personnes photographiées ; la multiplication des points de vue sur un même sujet ainsi qu’une réflexion éthique et politique sur les possibilités de connaissances de documentaires collectifs.
À l’instar de Meiselas et Sekula, artistes ayant fortement contribué à ces réflexions dans le travail photographique documentaire et ayant alimenté mon intérêt pour celles-ci, chaque nouveau projet est pour moi l’occasion d’expérimenter de nouvelles formes de collaborations.

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