Étiquette : photographie sociale

  • ZONE 54 – 2012/…

    ZONE 54 – 2012/…

    ZONE 54 est un projet documentaire et collaboratif photographique réalisé de 2012 à 2017. À la fois expérimental, social et anthropologique, ce documentaire autour des zonard·e·s rencontré·e·s à Nancy a été produit essentiellement en photographie argentique (moyen format 6×7 et appareils photographiques jetables).
    Réalisé en collaboration avec : Emy la Tortue, Gaëtan, Ingrid, Le fils, Mike.

    J’ai entrepris ce travail sur les « zonard·e·s » en 2012. Pour eux, la « zone » représente la ville et ses alentours, l’endroit dans lequel iels vivent et se déplacent, c’est alors naturellement qu’iels se nomment ainsi. Durant ces trois années, j’ai suivi de manière régulière (à raison de 2 à 3 jours par semaine) une quinzaine de personnes que j’ai rencontrées à Nancy et que j’ai eu l’occasion d’accompagner à Paris et en Bretagne. Ces années à leurs cotés m’ont permise de comprendre et de connaitre leur quotidien : la manche, mais aussi l’entraide, les squats et les voyages. Avec eux j’ai ressenti et vécu des moments de dialogue, de rire et de silence, des périodes festives, de découragement et le quotidien le plus simple.
    J’ai travaillé avec eux de manière collaborative : une fois mes films développés et imprimés, je leur montrais et donnais mes photographies et nous en discutions. Nous parlions ensemble de la voie à suivre, des éléments thématiques sur- ou sous-exposés dans mes photographies. Grace à des appareils photographiques jetables, de nombreuses photographies ont été prises par eux, et le sont encore aujourd’hui. Ces photographies, exposées au fur et à mesure dans différentes expositions de ZONE 54, viennent enrichir et développer et celles que j’ai réalisé jusqu’en 2015.

    Cette collaboration se poursuit encore aujourd’hui, de manière plus distante, au fil des échanges et des nouvelles partagées, dans un lien qui perdure au-delà du projet initial.

    Ce projet a bénéficié de la bourse d’aide à la création «Regards Sans Limites», du soutien de la galerie du CRI des lumières et du prix de thèse Tillion-Rivière de l’Association Français d’Ethnologie et d’anthropologie

    Quelques unes de nos photographies réalisées en argentique (moyen format 6×7 et appareils photographiques jetables).

    8 S2 sultan
    previous arrow
    next arrow

     Les deux projets d’exposition ZONE 54 :
    Prolongeant ma démarche photographique, ce projet est l’occasion d’expérimenter différents types d’expositions qui se complètent et se répondent. Ceci grâce à différents partenaires et lieux d’expositions.


    « ZONE 54 : I love you Fuck off »
    Cette exposition réalisée grâce à une résidence Spray Lab – Centre Culturel Gorges Pomp It Up, est à la fois sociale et expérimentale. La scénographie s’organise autour de trois écrans synchrones (mes photographies), de photographies murales réalisées par les zonard·e·s, d’objets fabriqués par Emy et d’une pièce sonore composée de cinq ambiances distinctes. Ce dispositif immersif vise à transformer la relation des spectateur·ice·s aux images. L’inachèvement structure l’ensemble : aucun parcours imposé, pas de début ni de fin. La désynchronisation entre son et image accentue cette ouverture : les mêmes séquences visuelles changent de sens selon l’ambiance sonore qui les accompagne, rendant impossible la maîtrise de l’expérience.

    « ZONE 54 : Unrestricted Area »
    Réalisée avec le soutien de la bourse Regards Sans Limites et du CRI des Lumières, Unrestricted Area prolonge cette recherche en déplaçant le régime d’attention vers l’espace d’exposition. Ici, les tirages permettent une appréhension simultanée des images : plusieurs scènes coexistent dans le champ visuel, invitant à une lecture fragmentée et active.
    Le fil narratif ne se déploie plus dans le temps mais dans l’espace. Il se construit à travers le déplacement du regard et du corps, notamment en longeant le mur depuis l’entrée pour revenir au point de départ. Quatre ensembles structurent cette circulation — les squats, la manche, les tiers-lieux et les activités collectives — dessinant autant de fragments du quotidien des zonard·e·s. Chaque espace ouvre une perspective, sans jamais enfermer le regard, laissant aux spectateur·ice·s la liberté de circuler, de comparer et de tisser leurs propres liens.

    CCGP 2015
    previous arrow
    next arrow
     

    Expositions

    > ZONE 54 : Unrestricted Area, à l’Institut Franco-allemand de Tübingen, Allemagne – 2026
    > ZONE 54  : I Love You Fuck Off, avec Emy, Festival Les Barlos, Nancy – 2024
    > ZONE 54 : Unresctricted Area, avec Emy, à la mairie de Nancy – 2024
    > ZONE 54 : I Love You Fuck Off, à l’IRTS, Nancy – 2023
    > ZONE 54 : Unresctricted Area, Helicoop , à l’Abbaye de Senones, Senones – 2019
    > ZONE 54 : I love you fuck off, festival de la Nuit de l’Instant, Marseille – 2018
    > ZONE 54 : Unresctricted Area La Chambre, Strasbourg – 2018
    > ZONE 54 : Unresctricted Area, à la maison de la culture de Metz – 2017
    > ZONE 54 : Unresctricted Area, au Saarländisches Künstlerhaus, Saarbrücken, Allemagne – 2016
    > ZONE 54 : Unresctricted Area, à l’EHESS, Paris – 2016
    > ZONE 54 : Unresctricted Area, à la Galerie Robert Doisneau, Vandoeuvre – 2016
    > ZONE 54 : Unresctricted Area, au Cri des Lumières, Lunéville – 2015
    > ZONE 54 : I Love You Fuck Off, au Centre Culturel Georges Pomp It Up — Spraylab, Nancy – 2015
    > ZONE 54 : Unresctricted Area, au Stadtmuseum Kaiserslautern, Allemagne – 2015

  • Voisin/voisine – 2019

    Janvier/décembre 2019 – Plateau de Haye – Nancy
    Photographies, vidéos
    Avec Surface Sensible

    Le quartier du Haut-du-Lièvre a été construit dans les années 60 dans les hauteurs de Nancy. Il se caractérise par sa diversité et ses contrastes : il mêle éco-quartier, barres d’immeubles, prison, associations culturelles, écoles de travailleur·eus·s sociaux, aire d’accueil pour les gens du voyage, forêt et large route. La forêt de Haye sépare ce quartier du reste de Nancy. Les premier·e·s habitant·e·s y étaient militaires et étudiant·e·s. Dans les années 70 y ont également emménagé des femmes divorcées, ainsi que de nombreux travailleur·euse·s et familles immigrées. Avant une première réhabilitation durant la première décennie des années 2000, ce quartier pouvait se targuer d’avoir « la plus grande barre d’Europe ». Aujourd’hui, une seconde réhabilitation est en cours, réhabilitation qui est vécue par ses habitant·e·s comme un déracinement.

    « Voisin/Voisine » a été construit autour de la parole des habitant·e·s du Haut-du-Lièvre. Chaque fois que je rencontrais une personne, celle-ci me racontait son histoire en lien avec les lieux, et me présentait à une nouvelle personne. De rencontre en rencontre, je dressais un portrait de ce quartier, de l’intérieur.
    Le projet s’est poursuivi avec une seconde résidence : Persévérantes (2022)

    La première fois que j’ai mis les pieds au Haut-du-Lièvre, pourtant un quartier de la ville dans laquelle j’habite, était en 2012. Il s’agissait d’un atelier photographique avec de jeunes élèves du collège Claude Le Lorrain. Quelques années plus tard j’y suis retournée, mais cette fois ci, pour travailler avec des étudiants de l’IRTS. Ce projet, grâce à Surface Sensible, m’a permis, pour la première fois, de porter mon propre regard sur ce quartier durant une année. Il s’agissait pour moi, autant d’une découverte que d’une redécouverte de ce lieu que j’apprécie et côtoie depuis quelques années maintenant.

    > Exposition à la galerie KD, Décembre 2019, Nancy

    Quelques photographies du projet

    ATH_2323
    previous arrow
    next arrow

    Vidéo réalisée dans le cadre de la résidence

  • Longwy Vivra ! – 2021

    Janvier/Juin 2021 – Longwy
    Photographies, cartes postales, éditions, entretiens
    Co-création avec Nabila Halim

    De janvier à juin 2021, nous sommes allées à la rencontre des habitant·e·s de Longwy. Ce travail a été accompagné par les élèves de 4eD du collège Vauban, qui sont aussi allés la rencontre de quelques-uns des habitant·e·s dont nous témoignons l’histoire ici.
    Lors de ces rencontres, nous nous sommes intéressées aux parcours migratoires de ces dernier·e·s et de leurs familles. Par la pratique de l’enregistrement sonore et de la photographie lors d’entretiens, nous avons recueilli des parties d’histoires, toutes singulières les unes des autres. Pourtant, au fil des rencontres, des points de similitudes nous apparaissent ; ceux-ci souvent liés aux contextes de migration et à l’histoire de l’industrie dans la région.
    Au cours de nos entretiens avec les habitant·e·s, nous abordions des thématiques liées aux questions migratoires telles que l’insertion sociale au prisme du travail, les rapports entretenus avec le(s) pays et culture(s) d’origine, le(s) langue(s) maternelle(s), leurs transmissions. Le sujet des luttes ouvrières à travers le déclin de l’industrie sidérurgique, ayant fortement marqué la régions et ses habitant·e·s, a naturellement et fréquemment été abordé. De part ces périodes de combats ouvriers, et de luttes collectives, l’attachement des habitant.es au territoire est évident.
    Aujourd’hui, et de part leur situation géographique, la majorité des résident·e·s de la région de Longwy doivent se déplacer l’étranger pour travailler. En découlent des questionnements liés à ces échanges transfrontaliers entre France, Luxembourg et Belgique, et aux rapports qu’iels entretiennent avec ces régions voisines et leurs habitant·e·s, faisant ressortir de nouvelles notions de migrations.
    À travers ces thématiques, plusieurs fils ont été tissé : le rapport au travail à l’époque de la sidérurgie ; les crises qui ont jalonné cette ville ; la guerre d’Algérie, la fermeture des usines ; l’idée du chez soi, et enfin, le rapport qu’entretiennent les habitant·e·s aujourd’hui l’immigration.
    Ces histoires orales transmises lors de nos rencontres furent complémentées par des archives matérielles et personnelles photographies, objets transmis de génération en génération… Riche en échanges, en histoires, et en connaissances, ces rencontres nous ont beaucoup appris sur les notions de territoire de la région à échelle humaine, à travers les récits des personnes directement concernées.

    Nous avons une pensée toute particulière pour les élèves et habitant·e·s qui nous ont accueilli et qui ont témoigné de leurs histoires durant 6 mois, et qui sont le cœur de ce projet.

    > Exposition à la Mairie de Longwy Haut, juin 2021

    Quelques photographies de la résidence

    ATH_7322
    previous arrow
    next arrow


    Vues d’exposition

    IMG_1367
    previous arrow
    next arrow
  • Persévérantes – 2021/2022

    Septembre 2021/Décembre 2022 – Plateau de Haye – Nancy
    Photographie, son, musique, performance
    Avec le Nouvel Observatoire Photographique

    Le plateau de Haye est un quartier singulier. D’un point de vue géographique, il s’étend sur trois communes et se situe à l’écart des autres quartiers de la métropole : à la fois séparé par une grande forêt et une zone commerciale et en même temps visible de partout. Au niveau architectural il se différencie aussi : mélange entre deux immenses barres, des immeubles, des éco-quartiers et beaucoup de verdure. D’un point de vue sociologique il n’en est pas moins intéressant : beaucoup de personnes immigrées y sont installées, faisant cohabiter de nombreuses nationalités. En outre, il reste un quartier très populaire.
    Je travaille régulièrement dans ce quartier depuis cinq années. J’ai le sentiment que la position des femmes y est ambigüe : elles occupent à la fois un rôle primordial dans les associations et l’entraide qui en découle et sont dans le même temps moins visible dans l’espace public. Ce qu’il en est sorti est l’entraide qui existe entre les femmes et la force qu’elles mobilisent pour conjuguer travail, famille, amitiés, bénévolat… Les témoignages recueillis révèlent la façon dont les femmes façonnent leur quotidien et la manière dont les adolescentes envisagent leur avenir. Il y est question des défis déjà relevés et de ceux qui restent encore à accomplir.

    Si certaines rencontres se sont fait au hasard, aux suites de déambulation, ce travail n’aurait pu se réaliser sans l’aide des associations (Asae Franca, Jeunes et cité Champs le boeuf, MJC Massinon, Amitiés Tsigane, CCAS de Maxéville) avec lesquelles elle a mené des ateliers de parole et de photographie. Ce travail n’existerait pas non plus sans la générosité, de temps et de parole, des femmes qui l’ont accueilli des jours entiers. Merci à vous. Merci à Lisko d’avoir composé une musique à partir des paroles récoltées.

    À partir des entretiens menés durant plus d’une année, nous avons construit une performance durant laquelle les femmes volontaires lisaient sur scène certains passages de ces entretiens. Les photographies sont accompagnées d’une pièce sonore construite autour de ces rencontres. Le musicien Lisko a aussi composé une musique autour de ces mêmes entretiens.

    > Exposition et performance au conseil départemental en mars 2024
    > Exposition à la future Maison des Femmes en novembre 2023
    > Une exposition et une performance pour de l’ouverture du festival Bon Moment et de l’Événement photographique en mai 2023

    Quelques photographies réalisées pendant la résidence

    ATH_1897
    previous arrow
    next arrow

    Vues d’expositions

    IMG_1204 2
    previous arrow
    next arrow
  • Ahllanwasahllan /بياڤنو

    Ahllanwasahllan /بياڤنو

    Ahllanwasahllan / بياڤنو* est un documentaire dialogique, photographique et sonore commencé fin 2016 et toujours en cours. Il raconte l’immigration de personnes syriennes en France. Les photographies sont réalisées à partir de tous types de médiums (argentique 6×7, 24×36, numérique et téléphone portable).
    Réalisé en collaboration avec : Majd, Yara, Latifah et Essam
    *Ahllanwasahllan / بياڤنو* signifie phonétiquement, dans chacune des deux langues « bienvenue ».

    Ahllanwasahllan / بياڤنو suit, depuis plusieurs années, le quotidien d’une famille syrienne installée à Nancy. À travers leurs images, leurs voix et leurs silences, le projet raconte l’exil, l’attente, les liens qui résistent à la distance.
    L’engagement de cette famille pour les droits des femmes et contre le régime de Bachar al-Assad a d’abord provoqué la séparation : le père a fui seul, avant que les autres ne puissent le rejoindre. En France, cet engagement s’est heurté à d’autres formes d’exclusion — la langue, les papiers, la marginalité sociale — rendant difficile la poursuite de leurs combats. Pourtant, cette même force d’engagement continue de les traverser, transformée : elle s’exprime dans la solidarité, la persévérance, la dignité du quotidien.
    La photographie devient ici un instrument de dialogue et de transformation sociale. Le projet ouvre une narration polyphonique qui déstabilise les méthodologies dominantes (Gill, 2021), favorise un « partage du sensible » (Rancière, 2000) et produit des contre-visualités (Mirzoeff, 2016). En proposant une alternative aux récits médiatiques et à l’actualité immédiate, il inscrit ces histoires dans le temps long pour tisser un récit dialogique, dense et nuancé de l’expérience migratoire.

    Ce projet a bénéficié de la bourse d’aide à la création de la DRAC Lorraine (2018), de la bourse « Émergence » de la région Grand Est (2018), de bourse d’aide à la création individuelle en soutien aux artistes de la ville de Nancy (2025 ; 2021), ainsi que du soutien du centre photographique du CRI des lumières.

    NB : Les images ci-dessous sont brutes, ni recardées, ni étalonnées, ni (entièrement) sous forme de narration. Il s’agit d’un aperçu du travail mené depuis plusieurs années.

    Issam famille arrive paris voiture 2 02-18
    previous arrow
    next arrow

    Première exposition Work in Progress au CRI des Lumières en Septembre 2019.
    Nous avons pensé la narration de ce projet à la manière d’un film : la ligne centrale retrace le quotidien de la famille, celle du dessus nous montre les rencontres, les liens sociaux, tandis que les lignes du dessous abordent la question de la langue, les différentes activités menées ainsi qu’un volet un peu plus politique.

    exposition test luneville 09-19_3782 copie
    previous arrow
    next arrow